L'escrime médiévale du Xe au milieu du XIIIe siècle
Les maîtres d’armes européens au Moyen Âge n’ont laissé que des traces partielles de leurs enseignements et les techniques d’escrime contenues dans leurs écrits ne sont que des interprétations des techniques d’escrime réellement utilisées. Même si des manuscrits existent encore aujourd’hui et sont de plus en plus accessibles en français moderne, ils demeurent tout de même incomplets, soit par les effets du temps ou carrément de façon intentionnelle de la part des auteurs.
Au Moyen Âge, les conscrits paysans (11e et 12e siècle), qui formaient alors la majorité des armées, n’avaient pas nécessairement la science des armes qu’ils utilisaient. Nous pouvons émettre l’hypothèse qu’ils se battaient plutôt d’instinct et que leur entraînement était limité au temps que l’armée mettait à se rendre à la bataille. Ce n’est que vers la fin de cette époque (fin 13e siècle) que nous voyons réapparaître des armées constituées de soldats professionnels. Si on se souciait de l’escrime à cette époque (11e et 12e siècle), c’était sans aucun doute par les professionnels de la guerre: les chevaliers. Les chevaliers de cette époque n’ont, eux aussi, rien écrit sur les techniques d’escrime qu’ils utilisaient. Les manuscrits d’escrime sont venus plus tard lorsque le combat à l’épée est passé de la frappe de taille (avec le tranchant) à la frappe d’estoque (avec la pointe).
Orientation et limites de l'escrime médiévale
Source : www.wikipedia.org
La pratique de l'escrime médiévale s'effectue suivant diverses orientations, chacune présentant ses limitations propres :
- Escrime de spectacle :
Les compagnies travaillant l'escrime médiévale de spectacle sont nombreuses. Cette activité est en effet gratifiante (regard du public et cachets éventuels bienvenus pour l'entretien du matériel). Cependant, l'escrime de spectacle, comme le kung-fu de cinéma, n'ont pas grand-chose à voir avec le combat réel, le but étant de donner un coup qui ne touchera pas ou du moins, qui ne blessera pas!
- Escrime sportive :
Certaines compagnies se sont orientées vers une pratique sportive de l'escrime médiévale. Cette pratique a l'avantage d'amener une émulation, bénéfique à la motivation. Cependant, la pratique sportive s'accompagne de règles de sécurité afin de ne pas blesser l'adversaire, celles-ci allant à l'encontre du combat réel. De plus, le combat sportif, par essence, est restrictif (choix des armes, des situations tactiques, etc.), et amène une altération des techniques. Ces problèmes sont inhérents à tous les arts martiaux devenus sports de combat.
- Escrime martiale :
Le travail s'effectue dans ce cas-ci dans la seule optique d'apprendre des techniques de combat libre, sans restrictions et dans l'intention d'occire l'adversaire par tous les moyens possibles. Ce travail est le plus proche du combat réel, mais c'est le moins gratifiant. Malgré cela on n'atteint pas l'expertise de l'expérience, puisque certains facteurs ne peuvent être que devinés intellectuellement sans être ressentis par le vécu (contact de l'arme sur le corps de l'adversaire et travail du mental face à la peur, entre autres). Et il ne faut jamais oublier que cette reconstitution des anciennes techniques d'après des traités historiques reste une interprétation personnelle du chercheur liée à ses connaissances des anciennes langues et son expérience du combat.