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Lorsque vient le temps de faire une interprétation d’un document historique, il arrive souvent que nous soyons confrontés à beaucoup d’obstacles. Les traductions de traductions à 2 ou même 3 différentes langues demeurent souvent le plus gros des obstacles. Malgré cet obstacle, beaucoup de gens se placent eux-mêmes d’autres obstacles dans leur développement. Je parle ici d’interprétation systématique et pragmatique d’une information décrite dans un manuscrit. Je vais tenter de vous imager la nature de cette réflexion.
Je vais reprendre ici l’illustration d’un membre de notre groupe. Nous allons imaginer que nous sommes maintenant au 30e siècle et que nous sommes maintenant capables par la pensée de nous mouvoir dans les airs.
Nous sommes un groupe de recherche des techniques sportives historiques du 21e siècle. Nous avons seulement réussi à consulter des renseignements écrits et une seule photo d’un homme qui court. Malheureusement, les guerres et le temps a fait disparaître le reste des traces de cet art physique depuis longtemps disparu. Nous voulons donc réapprendre à courir sur nos pieds comme nos ancêtres étaient capables de le faire. La photo que nous possédons montre un homme qui a un pied devant et un autre derrière, un bras devant et un autre derrière. La description écrite nous dit… « Pour courir, un homme doit avancer les jambes en alternance et en variant la vitesse selon la course recherchée. » Nous n’avons aucune information sur le mouvement des bras.
Que faisons-nous pour les bras…? Notre idée de base est de les conserver dans la même position que celle de la photo. On tente alors notre première course. Pas très efficace. On n’est pas certain que ce soit comme ça. On est un peu déçu et même un peu frustré.
Comment faisaient-ils pour courir si vite ? On tente plusieurs méthodes avec les bras statiques dans la même position que l’image nous l’indique, mais ça ne colle pas….Et puis après 1 an de recherche, on découvre que c’est plus confortable et plus efficace de laisser aller les bras dans le mouvement de la course. BINGO….on a compris. Mais il demeure des puristes qui continuent de croire que les bras ne doivent pas bouger. L’efficacité de notre mouvement prouve pourtant que le mouvement devrait être fait de cette façon.
Cette illustration est toute simple et pourtant très éloquente. Elle se veut également sans prétention. Nous utilisons trop souvent les gravures et les descriptions des manuscrits de la même façon que dans mon illustration. On se limite souvent à l’image, à la position décrite. Pourtant très souvent l’image ou la description n’est que l’ingrédient de base dans l’équation. Le reste d’un mouvement est de l’ordre de la sensation biomécanique. La finalité d’un mouvement peut être beaucoup plus large que nous pouvons le penser au départ. Des dizaines de finalités sont souvent possibles suite à une action. Il y en a des meilleures que d’autres, mais elles ne sont pas toujours toutes à négliger.
La réflexion demeure intéressante et doit se poursuivre pour permettre une meilleure compréhension de notre art. Du moins, une certaine harmonisation de la conscience dans l’approche de nouvelles techniques.
Je nous souhaite un grand partage des idées et des concepts tout en conservant un esprit ouvert et analytique sur nos découvertes. Je nous souhaite également de ne pas nous limiter à l’image ou à la description. Ne tombons pas dans ce piège.
P.-S. Les commentaires et réactions sont les bienvenus
Merci.
Pascal Racicot





